Que faut-il faire lorsqu’un proche décède ? Quelles décisions faut-il soudainement prendre ? Et pourquoi peut-il être utile d’y réfléchir à l’avance ? Victor Schillebeeckx, des Pompes Funèbres Jan Schillebeeckx, nous explique ce qui se passe en coulisses et pourquoi parler de ses funérailles à l’avance peut surtout apporter de la sérénité.
Victor Schillebeeckx travaille comme collaborateur polyvalent au sein des Pompes Funèbres Jan Schillebeeckx et ambitionne, à terme, de succéder à son père dans l’entreprise familiale. D’ici là, il tient à découvrir et maîtriser toutes les facettes du métier. Cela signifie être flexible et intervenir là où on a besoin de lui : de l’administration du personnel au transfert et aux soins du défunt, en passant par l’accompagnement lors des cérémonies. Cette polyvalence reflète bien la manière de travailler de toute l’équipe de Jan Schillebeeckx. La rigueur et le souci du détail sont essentiels. « Si nous constatons, par exemple, que les photos que nous recevons sont trop sombres, nous les éclaircissons. Ce sont de petites choses, mais elles font la différence. »
En interne aussi, la collaboration est étroite : chacun sait ce qui se passe et peut prendre le relais si nécessaire. Pour les familles, c’est avant tout la garantie de toujours pouvoir joindre quelqu’un qui pourra les aider. « Ce n’est pas un métier de neuf à cinq. Nous voulons prendre en charge l’ensemble des démarches et faire en sorte que les familles puissent s’adresser à nous pour toutes leurs questions. »
Quelle est la première chose à faire lorsqu’une personne décède ?
« La première étape consiste à appeler un médecin afin qu’il constate officiellement le décès. Aujourd’hui, la déclaration se fait de manière numérique via la plateforme eLys. La famille peut ensuite nous contacter et nous pouvons procéder au transfert du défunt.
Lorsque le décès survient à domicile, nous essayons généralement d’intervenir assez rapidement. Pour beaucoup de personnes, il est difficile de garder longtemps chez soi un proche qui vient de décéder. Dans un hôpital ou une maison de repos, il y a généralement une morgue et l’urgence est donc moins grande. Le transfert peut alors, par exemple, avoir lieu pendant les heures de journée. »
Quand vaut-il mieux contacter une entreprise de pompes funèbres ?
« On peut en réalité nous contacter à tout moment, aussi bien avant qu’après un décès. Nous constatons que de plus en plus de personnes viennent nous voir à l’avance. Lors de cet entretien préalable, nous examinons ensemble tout ce qui est possible. Beaucoup de gens ignorent tout simplement les différentes possibilités qui existent.
Après un décès, nous essayons de décharger la famille au maximum dès le premier contact. Cela va des formalités administratives et de la déclaration auprès de la commune aux soins et au transfert du défunt, en passant par l’organisation de la cérémonie. »
Quelle part de l’organisation prenez-vous finalement en charge ?
« Beaucoup. Je dirais que nous prenons environ 80 % des démarches en charge et que les 20 % restants reviennent à la famille. Mais ces 20 % sont justement très personnels et importants. Il faut par exemple choisir les photos et la musique ou rédiger des textes. Il arrive que les petits-enfants souhaitent prendre la parole pendant la cérémonie, et préparer ce moment demande souvent plus de temps qu’on ne l’imagine.
Nous travaillons en équipe, ce qui nous permet de réagir rapidement. En moyenne, une semaine s’écoule entre le décès et les funérailles. Certaines familles souhaitent aller plus vite, et c’est possible, mais cela réduit évidemment le temps disponible pour tout organiser. »
Les funérailles sont-elles différentes aujourd’hui d’il y a une vingtaine d’années ?
« Certainement. Les funérailles traditionnelles à l’église existent toujours, tout comme les cérémonies commémoratives plus classiques. Mais nous constatons de plus en plus que les familles souhaitent des adieux véritablement sur mesure.
Elles veulent apporter une touche personnelle et rendre réellement hommage à la personne décédée. Cela peut passer par la musique ou le contenu de la cérémonie, mais aussi par la réception qui suit. Il nous arrive, par exemple, de terminer avec la boisson préférée du défunt. Les funérailles deviennent de plus en plus un hommage à la vie d’une personne, une véritable célébration de sa vie. »
Que se passe-t-il si une personne n’a jamais fait connaître ses volontés ?
« Dans ce cas, nous cherchons avec la famille ce qui semble le plus approprié. Il arrive qu’une personne soit déjà venue nous voir pour un entretien préalable sans avoir rédigé de déclaration officielle de ses volontés. Si nous connaissons ses souhaits, nous essayons évidemment d’en tenir compte autant que possible.
La situation peut devenir plus délicate lorsque les membres d’une même famille ne sont pas du même avis. Parfois, cela concerne des décisions importantes, parfois des choses qui peuvent sembler anodines ou encore le contenu de la cérémonie. Nous essayons alors de les aider à trouver un juste milieu. »
« Nous essayons de faire de chaque cérémonie un bel hommage, quel que soit le budget disponible. »
Les gens ont-ils une idée réaliste du coût des funérailles ?
« Beaucoup de personnes en ont une idée assez réaliste, même si le montant peut parfois encore les surprendre. C’est pourquoi, après le premier entretien, nous remettons aux familles une estimation des coûts. Elles savent ainsi à quoi s’attendre et évitent les mauvaises surprises par la suite.
Si cette estimation montre que certains choix font trop augmenter le budget, nous pouvons encore les adapter. Plus les funérailles sont personnalisées, plus elles nécessitent souvent d’heures de travail, ce qui influence évidemment le coût final. C’est pourquoi nous essayons d’être aussi transparents que possible, tant dans l’estimation que sur la facture. »
Les préoccupations financières ajoutent-elles une pression supplémentaire pour les familles ?
« Heureusement, nous ne le constatons pas chez la plupart des familles. Nous essayons de faire de chaque cérémonie un bel hommage, quel que soit le budget disponible. L’estimation préalable des coûts nous aide aussi à y parvenir.
Mais lorsque les aspects financiers ont été anticipés, nous remarquons tout de même une différence. Les familles peuvent faire leurs choix plus sereinement, car elles savent quel budget est disponible. C’est pratique pour nous, mais c’est surtout rassurant pour elles. »
Rencontrez-vous souvent des familles dont le défunt avait souscrit une assurance obsèques ou disposait d’une couverture décès ?
« De plus en plus souvent. Autrefois, le sujet était beaucoup plus tabou. Aujourd’hui, il est devenu plus facile d’en parler. Les gens en entendent davantage parler, lisent des informations à ce sujet et ont moins peur d’y réfléchir ou de poser des questions.
Cela s’inscrit d’ailleurs dans une évolution plus large. Notre manière de dire adieu a elle aussi changé. Autrefois, tout était plus sombre, plus lourd. Aujourd’hui, on parle davantage d’un hommage à la vie d’une personne, d’une célébration de sa vie. »
Selon vous, quelle est la valeur ajoutée d’une telle protection financière ?
« C’est avant tout la tranquillité d’esprit de savoir que des moyens ont été prévus pour organiser les funérailles conformément aux souhaits du défunt et de sa famille.
Nous avons déjà connu des situations où certains souhaits avaient été définis à l’avance, mais n’ont finalement pas pu être réalisés faute de moyens financiers suffisants. Lorsqu’un budget a été prévu à l’avance, on évite ce genre de situation. La famille sait de quels moyens elle dispose et ne doit pas faire les mêmes arbitrages financiers à ce moment-là.
Lorsque des personnes nous demandent s’il est utile de réfléchir à l’avance à une couverture décès ou à une assurance obsèques, nous le conseillons certainement. Nous n’allons pousser personne à le faire, mais un entretien informatif ne peut pas faire de mal. Heureusement, il est aujourd’hui beaucoup plus facile d’aborder le sujet. »
Que peut-on déjà prévoir soi-même à l’avance ?
« Énormément de choses. On peut par exemple rédiger une déclaration de dernières volontés et consigner certains souhaits. Nous proposons également des entretiens préalables au cours desquels nous expliquons les différentes possibilités. C’est vraiment utile, car beaucoup de personnes ne savent pas quels choix s’offrent à elles.
Réfléchir à sa propre mort reste évidemment confrontant. Mais à partir d’un certain âge, ce n’est pas une mauvaise chose de s’y arrêter un moment. On peut réfléchir à ce qui compte vraiment pour soi et veiller à ce que les moyens nécessaires soient disponibles lorsque le moment viendra. »
« Si vous mettez vos souhaits par écrit, dites surtout à vos proches où vous les conservez. »
Faut-il vraiment en parler avec sa famille ?
« Cela ne doit pas nécessairement être une conversation lourde ou difficile. Le sujet peut venir très spontanément. Après avoir assisté ensemble à des funérailles, on peut par exemple dire ce que l’on a trouvé beau ou particulièrement marquant. Votre partenaire ou votre famille saura ainsi déjà un peu mieux ce qui compterait pour vous.
Et si vous mettez vos souhaits par écrit, dites surtout à vos proches où vous les conservez. Il arrive que des familles ne découvrent des documents reprenant les volontés du défunt qu’au moment de vider son logement. À ce moment-là, il est évidemment trop tard.
Il en va de même pour une assurance obsèques : si vous en avez souscrit une, assurez-vous que votre famille le sache. Sinon, elle risque de ne la découvrir que bien plus tard, lors du règlement de la succession. »
Si vous ne pouviez donner qu’un seul conseil, lequel serait-ce ?
« Prenez rendez-vous pour un entretien préalable avec une entreprise de pompes funèbres ou renseignez-vous sur les possibilités financières. Il n’est pas nécessaire de tout décider immédiatement. Mais savoir ce qui est possible et en avoir déjà parlé peut apporter beaucoup de sérénité par la suite. » aussi bien préparés que possible.
